
Je suis venu vivre ici au Mexique parce que Gorille ne pouvait pas vivre à Montréal alors Vallarta fut choisi d'un commun accord. Originaire d'ici et contraint aux besoins familiaux d'assumer une présence constante auprès des aînés, la possibilité de prendre le large pour aller vivre dans un pays développé aurait été moralement insoutenable pour Gorille. Je suis donc venu, abandonnant tout avec comme seul éloge réel; la fuite. Parlant éthique, je dirais que ce fut le début de ma préretraite non méritée .
Gorille, vous l'avez compris, vit avec Papa et Maman. Elle, malgré qu'elle soit frêle et délicate, s'en sort plutôt bien et tient les registres bien à jour; un chef-d'oeuvre de patience et de bonté. Lui, c'est différent. À 84 ans, sa mémoire est encore gonflée d'orgueil par ses souvenirs de luchador libre, mais l'alzheimer l'a mis au tapis et la famille doit maintenant assister jusqu'à la fin.
La nuit dernière la voix du Père s'est fait entendre. Dans la chambre voisine, celle qui sert au gardien de nuit désigné, Gorille s'est levé. S'étant rendu aux côtés de son père il comprend l'urgence lorsqu'il voit son père assis sur le bord du lit pinçant son prépuce avec son pouce et son index.
Padré-----"Andalé andalé Gordo, no podré hacerlo cabron!"
Le soutenant et l'aidant, Gorille le guide dans l'expédition jusqu'au WC, le poussant par en avant.
Gorille-----"Vas-y Pôpa, laisse aller là"
Padré-----".............."
Padré-----"Ya"
Gorille-----"Ya?"
padré-----"Si"
De retour sur le bord du lit Gorille constate que Padré tient toujours son prépuce pincé par l'ouverture de son boxer.
Gorille-----"Mais qué paso?"
Padré----"J'ai oublié de lâcher le bout cabron"
Gorille----"Tabarnak Pôpa"
Après que Gorille m'ait raconté sa nuit, je me suis rappelé les raisons pour lesquelles je suis venu vivre ici. Il y a des êtres qui ont une âme sage, dévouée, pleine de compassion et j'avais besoin d'apprendre...
1 commentaire:
La vieillesse et la patience face à elle et ses déclins sont tellement rare chez l'humain... crois moi!
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